L’Etat Français est un Etat laïc. A ce titre, il a pour principe de ne pas intervenir dans les affaires religieuses, dans la mesure du moins où les religions ne troublent pas la société et où
leur activité ne présente aucun danger pour les individus, la cohésion sociale et l’intégrité de l‘Etat. Pourquoi alors, au sein de l’institution républicaine par excellence à savoir l‘école,
devrait-on donner une éducation religieuse aux jeunes français? Cette éducation ne relève-t-elle pas plutôt de la seule sphère privée? Pour quelle raison l’Etat devrait-il se consacrer à donner
une culture qui aurait tendance à nourrir les différences voire les conflits entre les individus et les communautés? Est-ce vraiment dans l’intérêt de l’Etat et plus simplement de l’école de
donner ce type de culture?
1. Une intervention contraire à l’esprit de la République laïque
A. le laic et le religieux
L’E intervient au sein de la société pour en assurer le bon fonctionnement. Il a par ailleurs l’obligation d’assurer la liberté des cultes et de permettre la liberté des consciences. Son action se
fait au niveau collectif alors que l’on considère que la religion relève de la sphère privée.
B. culture religieuse et laïcité
Etre religieux, c’est partager un certains nombres de dogmes avec les autres fidèles de notre religion. Cette dernière est avant tout du ressort de la croyance et de la conscience, au sens moral du
mot. Or l’E français prétend respecter la liberté de pensée et n’imposer aucune croyance aux citoyens. Pourquoi alors devrait-il se préoccuper de leur donner une culture religieuse?
C. l’E comme institution et la religion
Cependant la religion ne se caractérise pas seulement par un ensemble de dogmes et de croyances : elle se concrétise par une institution (les chefs religieux et la hiérarchie, l’organisme chargé
d’assurer le culte, association cultuelle et social). Or les intérêts de la religion-institution ne rentre pas en conflit avec la logique étatique dans un laïc.
2. Une intervention de l’E dans le domaine religieux ne se justifierait que si la religion devenait un danger pour la société et les libertés.
A. La religion, un danger?
L’E tente d’assurer la cohésion de la nation. Or il existe au sein de chaque religion une tendance, non seulement à se replier sur elle-même autour des croyances et de valeurs qui ne concordent pas
forcément avec celle de l’E, mais encore à vouloir s’affirmer et prendre de l’importance dans le fonctionnement de la société. On le voit, la logique de l’E peut renter en conflit avec celle des
religions instituées. D’où peut-être l’intérêt d’inculquer une culture religieuse commune. Quel lieu plus adéquat que l’Ecole.
B. Cette légitimité à diffuser une culture religieuse se fait encore plus grande quand le phénomène religieux prend une ampleur considérable et que la religion a une prise non
négligeable sur la société. Elle l’est encore plus quand les religions dominantes rejettent le principe de laïcité voire refuse les fondements mêmes de l’E démocratique. Ce fut longtemps le cas en
France avec l’église catholique, c’est à nouveau le cas avec une frange dure de l’islam.
C. Nous avons dit que le but de l’E, en plus d’assurer la cohésion sociale mise à mal par la montée des communautarismes religieux, était en outre d’assurer la liberté des
individus. Or il est clair que certaines religions ou certains courants religieux vont à l’encontre de la liberté individuelle. L’E doit alors intervenir de façon policière et judiciaire, mais il
peut au préalable prévenir le danger en développant chez les individus un distance critique et un esprit de tolérance propres à permettre au citoyen d’exercer sa liberté d’opinion. Un moyen d’y
parvenir pourrait être de dispenser à l’Ecole une culture religieuse.
3. Cependant, c’est peut-être ici le rôle de l’E qu’il faudrait revoir et la définition de ses principes.
A. une nouvelle laïcité
B. redéfinition du « vivre ensemble »
C. un aveu de faiblesse?