Partager l'article ! Kant, apparences et moralité: Il y a dans la nature humaine une certaine fausseté qui doit, en définitive, comme tout ce qui vient de la natur ...
Il y a dans la nature humaine une certaine fausseté qui doit, en définitive, comme tout ce qui vient de la nature, aboutir à de bonnes
fins, je veux parler de notre inclination à cacher nos vrais sentiments et à faire parade de certains autres supposés, que nous tenons pour bons et honorables. Il est très certain que ce
penchant, qui porte les hommes à se dissimuler et en même temps à prendre une apparence avantageuse, les a non seulement civilisés, mais encore moralisés peu à peu, dans une certaine mesure,
parce que personne ne pouvait pénétrer à travers le fard de la décence, de l'honorabilité et de la moralité.
Mais cette disposition à se faire passer pour meilleur qu'on ne l'est et à manifester des sentiments que l'on a pas, ne sert que provisoirement, en quelque sorte, à dépouiller l'homme de sa
rudesse et à lui faire prendre au moins tout d'abord l'apparence du bien qu'il connaît, car une fois que les bons principes sont développés et qu'ils sont passés dans la manière de penser, cette
fausseté doit alors être peu à peu combattue avec vigueur, car autrement elle corrompt le cœur et étouffe les bons sentiments sous l'ivraie de la belle apparence."