Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 09:18

Epicure et la matière

 

Epicure emprunte en grande partie sont explication du monde à Démocrite.

Il n'existe que des corps, lesquels sont formés de particules élémentaires insécables et immuables nommés atomes, leurs propriétés essentielles sont la grandeur, la figure et le poids. Ils sont en nombre infini et séparés par le vide qui seul rend possible leur mouvement. Indépendants les uns des autres, leurs rapports résultent des hasards du choc et du mouvement. Ils ont une pesanteur naturelle en vertu de laquelle ils tombent éternellement dans la même direction et avec la même vitesse. Encore faut-il, pour expliquer leur rencontre, leur attribuer un pouvoir de s'écarter de la ligne droite. Cette déviation, cette déclinaison, appelée clinamen, est si faible que nos sens ne peuvent la percevoir, mais elle est nécessaire pour expliquer la formation du monde. L'univers, une fois constitué par la rencontre fortuite des atomes est régi par des lois inflexibles et nécessaires. Tout s'explique mécaniquement par la rencontre des atomes, sans qu'il soit besoin de faire intervenir une intelligence supérieure au monde ou une finalité immanent à la nature.

Par skepsis
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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 17:13

On trouve dans le fameux recueil de fables de La Fontaine cette curieuse leçon :

  • Qu'on m'aille soutenir après, un tel récit,
    Que les bêtes n'ont point d'esprit.
    Pour moi, si j'en étais le maître,
    Je leur en donnerais aussi bien qu'aux enfants.
    Ceux-ci pensent-ils pas dès leurs plus jeunes ans ?
    Quelqu'un peut donc penser ne se pouvant connaître.
    Par un exemple tout égal,
    J'attribuerais à l'animal
    Non point une raison selon notre manière,
    Mais beaucoup plus aussi qu'un aveugle ressort.
  • Les deux rats, le renard et l'oeuf

De quel ressort peut-il bien s'agir?

Ce passage constitue en fait une violente charge contre la conception cartésienne de l'animal. Qu'est-ce donc que l'animal pour Descartes? Une simple machine,un pur automate admirablement fait et dont les ressorts en jouant produisent tout ce que nous admirons en lui mais qui agissent sans l'intervention de la raison.

"[...] ceux qui, sachant combien de divers automates, ou machines mouvantes, l'industrie des hommes peut faire, sans y employer que fort peu de pièces, à comparaison de la grande multitude des os, des muscles, des nerfs, des artères, des veines, et de toutes les autres parties qui sont dans le corps de chaque animal, considéreront ce corps comme une machine qui, ayant été faite des mains de Dieu, est incomparablement mieux ordonnée et a en soi des mouvements plus admirables qu'aucune de celles qui peuvent être inventées par les hommes." Discours de la Méthode, 5°  partie.

Que l'animal est dénué de raison, et n'agit que par la conformation de ses organes,  Descartes l'établit sans peine : il ne parle pas.

"Et  je m'étais ici particulièrement arrêté à faire voir que, s'il y avait de telles machines qui eussent les organes et la figure extérieurs d'un singe ou de quelque autre animal sans raison, nous n'aurions aucun moyen pour reconnaître qu'elles ne seraient pas en tout de même nature que ces animaux ; au lieu que, s'il y en avait qui eussent la ressemblance de nos corps et imitassent autant nos actions que moralement il serait possible, nous aurions toujours deux moyens très certains pour reconnaître qu'elles ne seraient point pour cela des vrais hommes. Dont le premier est que jamais elles ne pourraient user de paroles ni d'autres signes en les composant, comme nous faisons pour déclarer aux autres nos pensées. Car on peut bien concevoir qu'une machine soit tellement faite qu'elle en profère quelques-unes à propos des actions corporelles qui causeront quelques changements en ses organes, comme si on la touche en quelque endroit, qu'elle demande ce qu'on veut lui dire; si en un autre, qu'elle crie qu'on lui fait mal, et choses semblables ; mais non pas qu'elle les arrange diversement pour répondre au sens de tout ce qui se dira en sa présence, ainsi que les hommes les plus hébétés peuvent faire." ibidem

Les merveilles mêmes de l'activité dont sont capables les animaux prouvent paradoxalement l'absence d'intelligence chez eux : "c'est une chose bien remarquable que, bien qu'il y ait plusieurs animaux qui témoignent plus d'industrie que nous en certaines de leurs actions, on voit toutefois que les mêmes n'en témoignent point du tout en beaucoup d'autres; de façon que ce qu'ils font mieux que nous ne prouve pas qu'ils ont de l'esprit; car à ce compte ils en auraient plus qu'aucun de nous et feraient mieux tout autre chose, mais plutôt qu'ils n'en ont point et que c'est la nature qui agit en eux." ibidem

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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 10:17

Est dangereux ce qui expose à un risque, ce qui cause un mal. Se demander dans quelle mesure les lois sont dangereuses revient à s'interroger sur le pont de savoir à qui elles font courrir un risque et à qui elles peuvent faire du mal. Ou plutôt, il faut connaître la fonction d'une loi pour répondre à la question. Aura-t-elle pour fonction de maintenir l'orde dans une société? Alors une loi dangereuse sera une loi qui introduira du désordre dans cette société ou qui du moins ne permettra plus d'assurer l'ordre. Aura-t-elle pour fonction de garantir la liberté? Alors une loi dangereuse sera une loi liberticide, qui va à l'encontre de la liberté et qui la détruit. En définitive la question nous amène à nous interroger sur la nature d'une loi : à quoi sert-elle? Plus profondément encore elle implique de savoir quels sont les buts de la vie en société que les lois sont sensées réguler voire fonder : assurer l'ordre? garantir la liberté? établir l'harmonie entre les individus et les groupes? assurer une cohésion politique?...

Par skepsis
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 14:48

Derrière les souvenirs qui viennent se poser ainsi sur notre
occupation présente et se révéler au moyen d'elle, il y en a
d'autres, des milliers et des milliers d'autres, en bas, au-
dessous de la scène illuminée par la conscience. Oui, je
crois que notre vie passée est là, et que tout ce que nous
avons perçu, pensé, voulu depuis le premier éveil de notre
conscience, persiste indéfiniment. Mais les souvenirs que ma
mémoire conserve ainsi dans ses plus obscures profondeurs y
sont à l'état de fantômes invisibles. Ils aspirent peut-être
à la lumière : ils n'essaient pourtant pas d'y remonter ;
ils savent que c'est impossible, et que moi, être vivant et
agissant, j'ai autre chose à faire que de m'occuper d'eux.
Mais supposez qu'à un moment donné je me désintéresse de la
situation présente, de l'action pressante. Supposez, en
d'autres termes, que je m'endorme. Alors ces souvenirs
immobiles, sentant que je viens d'écarter l'obstacle, de
soulever la trappe qui les maintenait dans le sous-sol de la
conscience, se mettent en mouvement. Ils se lèvent, ils
s'agitent, ils exécutent, dans la nuit de l'inconscient, une
immense danse macabre. Et, tous ensemble, ils courent à la
porte qui vient de s'entrouvrir.BERGSON

Par skepsis - Publié dans : la philo au baccalauréat - Communauté : Philosophie académique
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 14:48

Derrière les souvenirs qui viennent se poser ainsi sur notre
occupation présente et se révéler au moyen d'elle, il y en a
d'autres, des milliers et des milliers d'autres, en bas, au-
dessous de la scène illuminée par la conscience. Oui, je
crois que notre vie passée est là, et que tout ce que nous
avons perçu, pensé, voulu depuis le premier éveil de notre
conscience, persiste indéfiniment. Mais les souvenirs que ma
mémoire conserve ainsi dans ses plus obscures profondeurs y
sont à l'état de fantômes invisibles. Ils aspirent peut-être
à la lumière : ils n'essaient pourtant pas d'y remonter ;
ils savent que c'est impossible, et que moi, être vivant et
agissant, j'ai autre chose à faire que de m'occuper d'eux.
Mais supposez qu'à un moment donné je me désintéresse de la
situation présente, de l'action pressante. Supposez, en
d'autres termes, que je m'endorme. Alors ces souvenirs
immobiles, sentant que je viens d'écarter l'obstacle, de
soulever la trappe qui les maintenait dans le sous-sol de la
conscience, se mettent en mouvement. Ils se lèvent, ils
s'agitent, ils exécutent, dans la nuit de l'inconscient, une
immense danse macabre. Et, tous ensemble, ils courent à la
porte qui vient de s'entrouvrir.BERGSON

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