Jeudi 17 juin 2010 4 17 /06 /Juin /2010 20:25

L’art peut-il se passer d’une maîtrise technique?

Lorsque l’on voit une œuvre moderne, il est courant de dire qu’un enfant pourrait la réaliser. On entend par là que sa réalisation ne nécessite aucune maîtrise technique particulière. Pourtant même les œuvres modernes impliquent une domination de la matière qui constitue l’œuvre, ce qui signifie qu’elle nécessite une maîtrise technique de cette matière. Cependant on ne pourrait réduire l’art à l’application d’une simple technique : ce serait gommer l’originalité de l’artiste au bénéfice de l’application de recettes.

1. En art le talent et le génie priment la technique

a. l’art se distingue justement de l’artisanat en ce qu’il ne consiste pas en une simple application de règles préétablies. L’artisan se contente de répéter des règles acquises alors que l’artiste est celui qui invente d’autres règles.

b. l’art, en tant qu’il est la concrétisation d’œuvres originales, brise ces règles préétablies. Le génie produit hors les règles, ses productions sont sans modèles, elles ne ressemblent à rien et le goût devra le discipliner.

2. Mais l’expression du génie ou du talent passe par la maîtrise technique propre à chaque art

a. cependant, dire que l’art dépasse la technique ne signifie pas qu’il peut s’en passer. Au contraire, le bon artiste est celui qui maîtrise parfaitement la technique propre à son art.

b. pour pouvoir dépasser la technique, il faut d’abord maîtriser cette technique. En effet, l’artiste génial a, avant de réaliser des chefs-d’œuvre, a passé de longue année d’apprentissage.

3. Il n’y a pas d’art sans maîtrise technique : le travail de l’artiste consiste précisément à faire oublier la technique pour ne faire montre que de son originalité ou de son talent.

Si, à regarder une œuvre d’art, on a la nette impression qu’il s’en dégage une cohérence interne, ces régularités ne résultent pas pourtant de l’application mécanique d’une technique. C’est le paradoxe que souligne Kant : l’art procède bien d’une maîtrise technique mais les règles ainsi appliquées ne préexistent pas à l’œuvre mais n’apparaissent qu’après coup.

 

Par skepsis
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 17 juin 2010 4 17 /06 /Juin /2010 20:24

 

Une vie heureuse est-elle une vie de plaisirs?

On conçoit mal qu’une vie où l’on éprouverait aucun plaisir soit une vie de bonheur tant il semble évident qu’une vie heureuse passe par la satisfaction d’un maximum de plaisirs. Le plaisir semble indispensable au bonheur. Pourtant on ne pourrait assimiler une vie heureuse à une simple vie de plaisirs : suivre ces derniers peut être dangereux et nuire à la vie et par conséquent provoquer le malheur.

1. Une vie heureuse est une vie de plaisir mais encore faut-il savoir de quel plaisir on parle

a. la vie de plaisir comme vie heureuse. Il semble évident que réaliser ses désirs et par conséquent éprouver du plaisir contribue efficacement et effectivement au bonheur. L’homme fuit naturellement ce qui cause de la douleur et recherche ce qui lui procure du plaisir, lequel contribue au bonheur.

b. le plaisir, ennemi du bonheur. Cependant certains plaisirs sont nuisibles au bonheur en ce qu’ils sont dangereux pour la vie ou plus simplement en ce que leur recherche exige un trop grand effort. Ainsi, si j’abuse de la boisson, je risque de le regretter le lendemain.

c. pour une sélection des plaisirs. Par conséquent, il faut faire le tri entre les plaisirs et savoir renoncer à certains. On pourra ainsi différer un plaisir immédiat pour accéder à un plaisir plus fort ou carrément y renoncer s’il peut contribuer à la disparition du bonheur.

2. Faut-il sacrifier ses plaisirs au devoir?

a. le pire obstacle au plaisir : le devoir. Ce qui semble le plus s’opposer au plaisir est le devoir qui nous oblige à aller contre nos tendances et contre la satisfaction de nos désirs.

b. on ne peut être heureux si l’on va à l’encontre de son devoir. En effet, aller contre son devoir fait naître la mauvaise conscience, laquelle est incompatible avec le bonheur.

c. La réalisation du devoir comme condition du bonheur. Si la vie heureuse est une vie de plaisirs, il faut d’une part choisir les bons plaisirs, comme il a été dit en première partie, et d’autre part, il faut avoir accomplit son devoir, c’est-à-dire avoir renoncer à certains plaisirs.

3. On peut trouver son plaisir dans l’accomplissement de son devoir et réconcilier la vie heureuse et les plaisirs.

a. il est clair que le bonheur ne se conçoit pas sans plaisir, mais d’un autre côté, on ne peut être heureux sans accomplir son devoir.

b. or il est possible de trouver un certain plaisir dans la réalisation de son devoir. On acquiert en effet ainsi la bonne conscience, laquelle s’accompagne de satisfaction.

c. on peut alors concevoir une conciliation entre une vie de plaisir et une vie heureuse où l’on accomplit son devoir et trouver un certain plaisir à faire son devoir.

 

Par skepsis
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 25 mai 2010 2 25 /05 /Mai /2010 15:20

Programme AGRÉGATION EXTERNE 2011 — Philosophie

Ecrit :

- 2ème épreuve. Composition de philosophie se rapportant à une notion ou à un couple ou groupe de notions :

  •  
    • L’histoire.

- 3ème épreuve. Épreuve d’histoire de la philosophie :

  •  
    • Cicéron : Académiques. Des termes extrêmes des biens et des maux (De Finibus). Tusculanes. De la nature des dieux. De la divination. Du destin. Des devoirs.
    • Kant.

Oral

 :
- 1ère leçon. Domaine : L’esthétique.

- Textes français ou traduits en français

  •  
    • Bacon, Du progrès et de la promotion des savoirs. Traduction de Michèle Le Doeuff, Paris, Gallimard, collection Tel, 1991.
    • Lévinas, Totalité et infini, réédition, Paris, Livre de Poche, 1990.

- Texte grec

  •  
    • Platon, Le Politique. Édition d’Auguste Diès, Paris, Les Belles-Lettres, Collection des Universités de France, 6ème tirage, 2003.

- Texte latin

  •  
    • Marsile Ficin, Commentarium in Convivium Platonis, De Amore (Commentaire sur le Banquet de Platon, De l’Amour), Discours III à VI. Édition de Pierre Laurens, Paris, Les Belles-Lettres, 2002, p. 53-205 (pages impaires).

- Texte allemand

  •  
    • Max Weber, Wissenschaft als Beruf. Politik als Beruf. Studienausgabe, I/17, Tübingen, Mohr Siebeck, 1994.

- Texte anglais

  •  
    • William James, The Principles of Psychology, volume 2, chapitres 24 à 2 (Instinct ; The Emotions ; Will). Réédition, New York, Dover Publications Inc., p. 383-592 (sans les notes).

- Texte arabe

  •  
    • Al-Fârâbî, Kitâb al-Khatâba, in : Al-Fârâbî, Deux ouvrages inédits sur la rhétorique, publication préparée par J. Langhade et M. Grignaschi, Beyrouth, Dar el-Machrek éditeurs, 1971, p. 30-121.

- Texte italien

  •  
    • Giordano Bruno, De la causa, principio et uno, édition de Giovanni Acquilecchia, in : Giordano Bruno, Opere Italiane, Turin, UTET, 2006, volume 1, p. 591-746
Par skepsis
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 14:31

 

N'avons-nous pas de fortes raisons d'aimer notre malheur?

 

Chacun semble recherche le bonheur et fuir le malheur. Se demander s'il n'y a pas de fortes raisons d'aimer son malheur paraît absurde : au contraire on devrait détester le malheur. Tout le problème est de savoir à quoi tient ce malheur. Si l'homme est malheureux, c'est qu'il a une conscience et qu'il est conscient de son malheur contrairement à l'animal qui n'a aucune conscience de sa condition. N'y a-t-il pas un lien indeffectible entre malheur et conscience? S'il y a un lien, alors on pourrait concevoir que l'on puisse aimer son malheur : il s'agirait d'accepter son humanité. J'aurais une forte raison d'aimer mon malheur si ce malheur dépend en fait de mon humanité et que j'aime l'humanité en moi.

Y a-t-il quelque chose de pathologique dans cette complaisance dans son propre malheur ou se malheur est-il constitutif de l'humanité?

 

  1. conscience et malheur : le malheur comme marque de l'humanité

    a. l'homme, « roseau pensant ».

« La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable. C’est donc être misérable que de se connaître misérable ; mais c’est être grand que de connaître qu’on est misérable.L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser : une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, puisqu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il faut nous relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale. Roseau pensant. — Ce n’est point de l’espace que je dois chercher ma dignité, mais c’est du règlement de ma pensée. Je n’aurai pas davantage en possédant des terres : par l’espace, l’univers me comprend et m’engloutit comme un point ; par la pensée, je le comprends. » Pascal

  1. b. le malheur lié au travail. Le travail est considéré comme une contrainte voire une torture. Cependant c'est par le travail que l'homme s'extraie de l'animalité. Sans ce travail qui constitue son malheur, il ne se libèrerait pas : si l'on apprécie les fruits du travail, il faut d'une certaine façon aimer le malheur que le travail crée.

    c. le malheur technique. On voit plus précisément que le malheur de l'homme est lié au progrès technique. Or il s'agit pourtant d'un progrès dont on profite et qui contribue notablement à l'amélioration de la condition matérielle. Il faut donc aimer là aussi d'une certaine façon notre malheur dans la mesure où il permet un certain bonheur.

     

  2. le malheur comme condition du bonheur

    a. le bonheur sur fond de malheur. On peut dire que le bonheur est rare et que lorsqu'il se manifeste, c'est sous la forme d'un moment fugace. Il est en effet bien plus rare encore quand le bonheur dure. On voit que le bonheur est de l'ordre de l'exception et que la plupart du temps, l'homme est malheureux. Mais le bonheur se définit comme le contraire du malheur et ce premier apparaît comme un éclair dans la nuit. Ce qui signifie que le malheur est nécessaire au bonheur comme l'ombre l'est à la lumière.

    b. pas de bonheur s'il n'y a désir d'être heureux. Dans son malheur, l'homme aspire au bonheur. Ce dernier est le résultat de la replétion d'un désir : il est absent et par son absence, il crée un manque qui accroît encore le malheur. S'il n'était pas attendu, il faur croire qu'il serait moins apprécié.

     

  3. le malheur comme moteur de l'humanité

    a. le malheur qui fait agir. Poussé par son désir, l'homme va tout faire pour conquérir le bonheur. On peut distinguer un malheur qui abat et dans lequel on se complait et un malheur qui fait sortir de soi et qui se caractérise par la volonté de changer les choses.

    b. C'est vrai pour le malheur que l'on pourrait qualifier de métaphysique, c'est surtout vrai pour le malheur lié au travail et à la technique. On peut croire que si l'homme contribue à son propre malheur, il peut oeuvrer à la diminution de ce malheur.

 

Par skepsis
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /Avr /2010 14:40

Dans l'attente de la publication du programme au BO en mai - normalement-, les paris sont lancés.

Par skepsis
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés