l'Etat est-il à craindre ou son absence ?
L’E apparaît bien souvent comme une contrainte souvent jugée insupportable par les citoyens dont il est pourtant chargé sinon d’assurer le bonheur, du moins une vie acceptable : il faut payer des impôts, respecter des règles qui semblent n’avoir aucune raison d’être, payer des amendes, accepter d’être condamné pour des infractions minimes, quand l’E n’envoie pas ses propres citoyens à la mort (guerre, peine capitale). Tout serait tellement plus facile si cette structure pesait moins, voire disparaissait. D’un autre côté, si l’E disparaissait, les pires dangers seraient imaginables : quelle autre instance serait susceptible de maintenir l’ordre nécessaire à la vie en commun ? qui pourrait empêcher que règne la loi du plus fort et permettre que les plus faibles soient défendus ? qui assurerait les libertés publiques ?…
Peut-on concevoir des sociétés sans E ?
des s sans E. L’E n’est pas indispensable à la s : la preuve en est qu’il existe des s, à l’organisation parfois très sophistiquée, qui ne connaisse pas de structure de nature politique. C’est ce que montre et analyse l’anthropologue Pierre Clastres.
pbl. : il s’agit de s primitives ou du moins « premières ».
l’argument anarchiste : l’individu est pourvu d’une valeur souveraine et comme les hommes sont naturellement bons, ils peuvent s’organiser librement en communauté + ou – étendue. Or l’E en imposant à l’individu une structure qui a pour but de l’étouffer a pour effet de détruire ce mouvement propre à l’h.
l’argument ultra-libéral. Le rôle de l’E doit être le plus limité possible et l’idéal serait qu’il disparaisse ou du moins qu’il se contente d’être une instance de juridiction qui arbitrerait des conflits privés. L’individu est en effet par nature libre et rien ne doit venir entraver l’exercice de ce qui constitue son essence.
Anarchie et ultra-libéralisme : la double impasse
Dans un cas comme dans l’autre, il n’est pas difficile d’imaginer le chaos qui suivrait la stricte application de ces théories.
-Tout les tentatives d’instauration de l’anarchie (même à un niveau limité) se sont soldées par un échec –plus ou moins sanglant d’ailleurs (cf. anar russes).
-En ce qui concerne le libéralisme, même les systèmes qui s’en prévalent lui ont imposé des limites (cf. lois anti-trust au USA).
Toute s semble donc avoir besoin d’un E. Seule une autorité contraignante peut instaurer un ordre sans lequel aucune vie pleinement humaine n’est pensable. Cf. la conception de l’état de nature (Rousseau, Hobbes, Locke…).
Conséquence d’une absence totale d’E : le droit du plus fort. Cf Rousseau
Comment sortir de l’aporie?
la nécessité de l’E : arbitre des intérêts particuliers s’opposant au sein de la société, détenteur légitime de la violence, garant de la paix et tranquillité civile.
-> la question est plutôt : quel E est-il à craindre ?
la solution de la souveraineté : si la pouvoir que détient l’E a pour origine la volonté du peuple, alors ce dernier l’acceptera et pourra supporter les contraintes qu’il fait peser sur lui. En outre il est possible d’établir un contre-poids à la toute puissance de l’E (cf. séparation des pouvoirs chez Montesquieu, notion de contre-pouvoir)
pour une nouvelle idée de la démocratie : ici le pbl consiste à savoir comment l’E peut le plus adéquatement incarner la volonté du peuple qu’il est sensé servir. Cf ; notion de démocratie directe chez Arendt
Définition.
l'individu est « un tout anatomiquement isolé et fonctionnellement autonome ». Ramdaud
voilà qui répond bien aux caractères fondamentaux de l'individu biologique : il se présente comme un tout composé de parties mais ne peut être divisé puisque les éléments qui le composent ne sont pas juxtaposés mais organisés, de ce fait aucun d'eux ne peut être retranché de la totalité sans périr et sans que le fonctionnement du tout s'en trouve perturbé. Chaque fragment est indispensable à l'existence normale du tout et réciproquement aucune partie du tout ne saurait se comprendre sinon par relation à l'ensemble des autres parties. La racine n'existe que par rapport à la feuille ou à la tige, lesquels se détruisent dès lors qu'elles n'appartiennent plus à l'arbre. Idem pour les organes du corps.