Mercredi 11 novembre 2009
   "Quand je vois chacun de nous sans cesse occupé de l'opinion publique étendre pour ainsi dire son existence tout autour de lui sans réserver presque rien dans son propre coeur, je crois voir un petit insecte former de sa substance une grande toile par laquelle seule il paraît sensible tandis qu'on le croirait mort dans son trou. La vanité de l'homme est la toile d'araignée qu'il tend sur tout ce qui l'environne. L'une est aussi solide que l'autre, le moindre fil qu'on touche met l'insecte en mouvement, il mourrait de langueur si l'on laissait la toile tranquille, et si d'un doigt on la déchire il achève de s'épuiser plutôt que de ne la pas refaire à l'instant. Commençons par redevenir nous, par nous concentrer en nous, par circonscrire notre âme des mêmes bornes que la nature a données à notre être, commençons en un mot par nous rassembler où nous sommes, afin qu'en cherchant à nous connaître tout ce qui nous compose vienne à la fois se présenter à nous. Pour moi, je pense que celui qui sait le mieux en quoi consiste le moi humain est le plus près de la sagesse et que comme le premier trait d'un dessin se forme des lignes qui le terminent, la première idée de l'homme est de le séparer de tout ce qui n'est pas lui."

 

Rousseau, Second discours, 1755, T. IV, p. 1112-1113.

 


    "J'ai conscience de moi-même, […] non pas tel que je m'apparais, ni tel que je suis en moi-même, mais j'ai seulement conscience que je suis. Cette représentation est une pensée, et non une intuition […] Je n'ai donc aucune connaissance de moi tel que je suis , mais je me connais simplement tel que je m'apparais à moi-même. La conscience de soi-même n'est donc pas encore, il s'en faut, une connaissance de soi-même."

Kant, Critique de la raison pure, 1786, I, 1ère division, 1ère section, § 25, PUF, pp. 135-136.

 

 

 


    "Mais comment nous retrouver nous-mêmes ? Comment l'homme peut-il se connaître ? C'est une chose obscure et voilée. Et s'il est vrai que le lièvre a sept peaux, l'homme peut se dépouiller de soixante-dix fois sept peaux avant de pouvoir se dire : Voici vraiment ce que tu es, ce n'est plus une enveloppe. C'est par surcroît une entreprise pénible et dangereuse que de fouiller ainsi en soi-même et de descendre de force, par le plus court chemin, jusqu'au tréfonds de son être. Combien l'on risque de se blesser, si grièvement qu'aucun médecin ne pourra nous guérir ! Et de plus, est-ce bien nécessaire alors que tout porte témoignage de ce que nous sommes, nos amitiés comme nos haines, notre regard et la pression de notre main, notre mémoire et nos oublis, nos livres et les traits que trace notre plume ? Mais voici comment il faut instaurer l'interrogatoire essentiel entre tous. Que la jeune âme [...] se demande: « Qu'as-tu vraiment aimé jusqu'à ce jour ? Vers quoi t'es-tu sentie attirée, par quoi t'es-tu sentie dominée et comblée à la fois ? Fais repasser sous tes yeux la série entière de ces objets de vénération, et peut-être, par leur nature et leur succession, te révèleront-ils la loi fondamentale de ton vrai moi. Compare ces objets entre eux, vois comment ils se complètent, s'élargissent, se surpassent, s'illuminent mutuellement, comment ils forment une échelle graduée qui t'a servi à t'élever jusqu'à ton moi. Car ton être vrai n'est pas caché tout au fond de toi : il est placé infiniment au-dessus de toi, à tout le moins au-dessus de ce que tu prends communément pour ton moi. »"

Nietzsche, Considérations inactuelles, III "Schopenhauer éducateur" §1, Folio Essais, p.19-20.

 


    "Tout le monde a pu remarquer qu'il est plus malaisé d'avancer dans la connaissance de soi que dans celle du monde extérieur. Hors de soi, l'effort pour apprendre est naturel ; on le donne avec une facilité croissante ; on applique des règles. Au dedans, l'attention doit rester tendue et le progrès devenir de plus en plus pénible ; on croirait remonter la pente de la nature. N'y a-t-il pas là quelque chose de surprenant ? Nous sommes intérieurs à nous-mêmes, et notre personnalité est ce que nous devrions le mieux connaître. Point du tout ; notre esprit y est comme étranger, tandis que la matière lui est familière et que, chez elle, il se sent chez lui. Mais c'est qu'une certaine ignorance de soi est peut être utile à un être qui doit s'extérioriser pour agir ; elle répond à une nécessité de la vie. Notre action s'exerce sur la matière, et elle est d'autant plus efficace que la connaissance de la matière a été poussée plus loin. Sans doute il est avantageux, pour bien agir, de penser à ce qu'on fera, de comprendre ce qu'on a fait, de se représenter ce qu'on aurait pu faire : la nature nous y invite ; c'est un des traits qui distinguent l'homme de l'animal, tout entier à l'impression du moment. Mais la nature ne nous demande qu'un coup d'oeil à l'intérieur de nous-mêmes : nous apercevons bien alors l'esprit, mais l'esprit se préparant à façonner : la matière, s'adaptant par avance à elle, se donnant je ne sais quoi de spatial, de géométrique, d'intellectuel. Une connaissance de l'esprit, dans ce qu'il a de proprement spirituel, nous éloignerait plutôt du but. Nous nous en approchons, au contraire, quand nous étudions la structure des choses. Ainsi la nature détourne l'esprit de l'esprit, tourne l'esprit vers la matière. Mais dès lors nous voyons comment nous pourrons, s'il nous plaît, élargir, approfondir, intensifier indéfiniment la vision qui nous a été concédée de l'esprit."

Bergson, La pensée et le mouvant, 1903-1923, PUF, 1998, pp. 40-41.
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Lundi 9 novembre 2009
"Dans la glorification du "travail", dans les infatigables discours sur la "bénédiction du travail", je vois la même arrière pensée que dans les louanges des actes impersonnels et conformes à l'interêt général: la crainte de tout ce qui est individuel. On se rend maintenant trés bien compte, à l'aspect du travail – c'est à dire de ce dur labeur du matin au soir -, que c'est la meilleure police, qu'elle tient chacun en bride et qu'elle s'entend vigoureusement à entraver le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance. Car le travail use la force nerveuse dans des proportions extraordinaire, et la soustrait à la réflexion, à la méditation, aux rêves, aux soucis, à l'amour et à la haine, il place toujours devant les yeux un but minime et accorde des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où l'on travaille sans cesse durement, jouira d'une plus grande sécurité : et c'est la sécurité que l'on adore maintenant comme la divinité suprême.-Et voici (ô épouvante!) que c'est justement le "travailleur" qui est devenu dangereux! Les "individus dangereux" fourmillent! Et derrière eux il y a le danger des dangers - l'individu!"

Nietzsche, Aurore (1881), Livre III, § 173

Par skepsis
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Samedi 7 novembre 2009

On a dit souvent qu'une hypothèse scientifique qui ne peut se heurter à aucune contradiction n'est pas loin d'être une hypothèse inutile. De même, une expérience qui ne rectifie aucune erreur, qui est platement vraie, sans débat, à quoi sert-elle ? Une expérience scientifique est alors une expérience qui contredit l'expérience commune. D'ailleurs, l'expérience immédiate et usuelle garde toujours une sorte de caractère tautologique, elle se développe dans le règne des mots et des définitions ; elle manque précisément de cette perspective d'erreurs rectifiées qui caractérise, à notre avis, la pensée scientifique. (...)
Quand on cherche les conditions psychologiques des progrès de la science, on arrive bientôt à cette conviction que c'est en termes d'obstacles qu'il faut poser le problème de la connaissance scientifique. Et il ne s'agit pas de considérer des obstacles externes, comme la complexité et la fugacité des phénomènes, ni d'incriminer la faiblesse des sens et de l'esprit humain : c'est dans l'acte même de connaître, intimement, qu'apparaissent, par une sorte de nécessité fonctionnelle, des lenteurs et des troubles. C'est là que nous montrerons des causes de stagnation et même de régression, c'est là que nous décèlerons des causes d'inertie que nous appellerons des obstacles épistémologiques. La connaissance du réel est une lumière qui projette toujours quelque part des ombres. Elle n'est jamais immédiate et pleine. Les révélations du réel sont toujours récurrentes. Le réel n'est jamais « ce qu'on pourrait croire » mais il est toujours ce qu'on aurait dû penser. La pensée empirique est claire, après coup, quand l'appareil des raisons a été mis au point. En revenant sur un passé d'erreurs, on trouve la vérité en un véritable repentir intellectuel. En fait, on connaît contre une connaissance antérieure, en détruisant des connaissances mal faites, en surmontant ce qui, dans l'esprit même, fait obstacle à la spiritualisation.
La Formation de l'esprit scientifique.

Par skepsis
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Lundi 2 novembre 2009
La conscience
Suis-je ce que j'ai conscience d'être ?

Suis-je le même en des temps différents ?

Est-il vrai que la conscience est toujours implicitement morale ?

Comment comprendre que l'on puisse se mentir à soi-même ?

La connaissance de soi peut-elle être sincère ?

La conscience de soi suppose-t-elle autrui ?

Suis-je responsable de ce dont je n'ai pas conscience ?

L'inconscient

Sur quelles raisons pouvons-nous nous appuyer pour admettre l'existence de l'inconscient ?

La notion d'inconscient introduit-elle la fatalité dans la vie de l'homme ?

L'inconscient est-il l'irrationnel ?

L'inconscient est-il un destin ?

La connaissance de l'inconscient est-elle nécessaire à la connaissance de l'homme ?

L'inconscient permet-il autant que la conscience de définir l'homme ?

Quelle conception de l'homme l'hypothèse de l'inconscient remet-elle en cause ?

L'hypothèse de l'inconscient contredit-elle l'exigence morale ?

Le désir

Le désir est-il la marque de la misère de l'homme ?

Peut-on distinguer de vrais et de faux besoins ?

La volonté est-elle complice ou maîtresse du désir ?

Désire-t-on cela seul qui a du prix pour les autres ?

Faut-il avoir peur de ses désirs ?

Peut-on vivre sans rêver ?

Quelle différence y a t il entre désirer et vouloir ?

Les passions

Peut-on dire que les passions sont toutes bonnes ?

L'existence passionnée est-elle toujours une existence aliénée ?

Peut-on dire avec Alain que : "La passion est toujours malheureuse ?

La passion est-elle une erreur ?

La passion est-elle compatible avec la sagesse ?

La passion fait-elle toujours obstacle à la connaissance de soi ?

Puis-je savoir si j'aime ?

La passion éloigne-t-elle de la réalité ?

L'illusion

Y a-t-il une fonction de l'illusion ?

Faut-il mépriser l'apparence ?

Y a-t-il une vérité des apparences ?

L'usage de la raison est-il une garantie contre l'illusion ?

Illusion et erreur ?

Est-il raisonnable de combattre toute illusion ?

Autrui

Qu'est-ce qui justifie le respect d'autrui ?

Sans autrui, puis-je être humain ?

Sur quoi nos esprits peuvent-ils s'accorder ?

Peut-on se mettre à la place de l'autre ?

La difficulté de comprendre les autres fausse-t-elle tout rapport avec eux ?

Autrui peut-il nous éviter la solitude ?

Nos rapports avec autrui sont ils necessairement conflictuels ?

La perception, l'espace

Suffit-il de voir pour savoir ?

Peut-on dire que la perception est une connaissance ?

Quand nous percevons, comment savons-nous que nous ne rêvons pas ?

La mémoire

Y a-t-il une vertu de l'oubli ?

En quel sens peut-on dire que la mémoire est une difficile conquête de l'homme ?

Existe-t-il une mémoire collective ?

Sommes-nous prisonniers de notre passé ?

Pourquoi y a-t-il un devoir de mémoire ?

Un peuple sans mémoire peut-il être libre ?

Pourquoi les hommes éprouvent-ils le besoin de commémorer leur passé ?

Le temps

Faut-il opposer la durée vécue et le temps des choses ?

Le privilège de l'homme est-il de pouvoir dépasser le présent ?

L'homme est-il prisonnier du temps ?

Du fait que nous vivons le présent, sommes-nous plus à même de le comprendre ?

Peut-on s'attendre à tout ?

Pourquoi s'intéresser au passé ?

L'avenir doit-il être objet de crainte ?

L'avenir n'est-il qu'une page blanche ?

Est-on toujours rattrapé par son passé ?

La mort, l'existence

La mort est naturelle : est-ce évident ?

La mort ôte-t-elle tout sens à l'existence humaine ?

Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir ?

Penser la mort, est-ce un moyen d'échapper à sa mort ?

La pensée de la mort a-t-elle un objet ?

Pourquoi peut-on mourir pour une idée ?

La pensée de la mort importe-t-elle à la vie ?

Quel rôle la pensée de la mort tient-elle dans l'existence ?

L'homme peut-il être heureux en sachant qu'il doit mourir ?

La conscience de devoir mourir peut-elle susciter chez l'homme d'autres sentiments que la peur ?

Que faut-il penser de cette affirmation : "Nous savons que nous sommes mortels, mais nous ne le croyons pas" ?

Exister, est-ce simplement vivre ?

Nature et culture

En quel sens peut-on dire que l'homme n'est pas un être naturel ?

Tout ce qui est naturel est-il normal ?

Qu'est-ce qu'être normal ?

La nature a-t-elle des droits ?

Ce qui est naturel a-t-il nécessairement une valeur ?

La technique s'oppose-t-elle à la nature ?

La vie en société nous éloigne-t-elle de la nature ?

En quel sens peut-on dire de l'homme qu'il est un être inachevé ?

En quel sens peut-on dire que l'homme n'est pas un être naturel ?

Peut-on parler à bon droit d'« homme sans culture » ?

L'enfance est-elle pour l'homme ce qui doit être surmonté ?

La pluralité des culture est-elle un obstacle à l'unité du genre humain ?

Peut-on dire d'une civilisation qu'elle est supérieure à une autre ?

"Il existe des inégalités naturelles". Quel sens et quelle valeur peut-on accorder à cette affirmation ?

L'histoire

L'histoire est-elle un destin ?

Est-il souhaitable que la raison mène le monde ?

L'examen de l'histoire permet-il de conclure à l'existence du progrès ?

Faut-il croire que l'histoire a un sens ?

Les événements historiques sont-ils, par nature, imprévisibles ?

Est-il vrai que l'histoire ne se répète pas ?

Peut-on modifier le cours de l'histoire ?

Peut-on être en avance sur son temps ?

"Les peuples heureux n'ont pas d'histoire". Que pensez-vous de cette maxime ?

Peut-on comparer l'histoire de l'humanité à l'histoire d'un homme ?

L'histoire est-elle la mémoire de l'humanité ?

L'histoire est-elle le simple récit des faits, tels qu'ils se sont passés ?

En quel sens peut-on dire que l'historien fait l'histoire ?

Peut-on écrire l'histoire du présent ?

La connaissance et la raison

Le langage
Les mots nous éloignent-ils des choses ?

Qu'est-ce qu'un symbole ?

Faut-il reprocher au langage d'être équivoque ?

Le langage n'est-il qu'un instrument de communication ?

Y a-t-il un langage animal ?

Qu'est-ce que s'exprimer ?

Puis-je créer un langage ?

Peut on légitimement instituer une langue universelle ?

La diversité des langues s'oppose-t-elle à l'universalité de la pensée ?

Y a t il des choses dont on ne peut parler ?

La parole peut-elle agir ?

Peut-on avoir peur des mots ?

En quels sens peut-on dire que nos paroles dépassent notre pensée ?

L'imagination

Penser, est-ce seulement imaginer ?

Imaginer, est-ce seulement nier la réalité ?

Faut-il opposer le rêve à la réalité ?

L'imagination est-elle toujours un défi à la logique ?

La connaissance s'interdit-elle tout recours à l'imagination ?

Le jugement, l'idée

Suis-je maître de mes jugements ?

Faut-il être spécialiste d'un domaine pour en juger ?

Faut-il se méfier de l'évidence ?

Suffit-il d'être informé pour comprendre ?

Y a-t-il une force des idées ?

Une idée peut-elle être neuve ?

Que vaut une preuve contre un préjugé ?

Toutes les opinions sont-elles tolérables ?

Pense-t-on jamais par soi-même ?

Pour bien penser faut-il ne rien aimer ?

Un homme raisonnable est-il un homme insensible ?

Penser est-ce dire "non" ?

La formation des concepts scientifiques

Les connaissances scientifiques peuvent-elles être à la fois vraies et provisoires ?

En quel sens peut-on dire que la vérité scientifique est approximative ?

En quel sens la connaissance scientifique peut-elle être un désenchantement du monde ?

Peut-on dire de la connaissance scientifique qu'elle est désintéressée ?

La science peut-elle nous apprendre nos devoirs ?

N'y a-t-il de connaissance que scientifique ?

La science découvre-t-elle ou construit-elle son objet ?

Qu'est-ce que l'objectivité scientifique ?

L'objectivité de la science est-elle moralement neutre ?

Que signifie l'idée de progrès dans les sciences ?

Faut-il avoir peur du savoir ?

Pourquoi y a-t-il des sciences et non pas une science ?

Théorie et expérience

A quoi reconnaît-on qu'une théorie est scientifique ?

Peut-on considérer comme scientifique une théorie dont on n'aurait aucun moyen de prouver la fausseté ?

Le renouvellement des théories scientifiques conduit-il à douter de la certitude des sciences ?

Y a-t-il des expériences sans théorie ?

L'activité scientifique doit-elle toujours donner raison aux faits ?

L'expérience est-elle source de connaissance ?

Expliquez et discutez cette formule : "Une théorie peut être vérifiée par l'expérience, mais aucun chemin ne mène de l'expérience à la création d'une théorie."

L'expérience familière est-elle le commencement de la science ?

Suffit-il de savoir pour pouvoir ?

Logique et mathématique

Une pensée cohérente est-elle une pensée vraie ?

Faut-il tout démontrer ?

Peut-on dire que tout ce qui est logique est vrai ?

Les règles de la logique limitent-elles la liberté de l'esprit ?

Définir la logique comme l'art de penser, est-ce appauvrir la pensée ?

Suffit-il de ne pas se contredire pour être logique ?

La contradiction n'est-elle que dans les idées, ou peut-elle se trouver également dans les choses ?

Est-ce au réel que les mathématiques ont affaire ?

Peut-on comparer les mathématiques à un jeu ?

Calculer, est-ce penser ?

Diriez-vous, comme Galilée, que la nature est écrite en langage mathématique ?

Les mathématiques ne sont-elles qu'un instrument des autres sciences ?

La connaissance du vivant

Le vivant est-il comparable à une machine ?

Le vivant est-il entièrement connaissable ?

Connaît-on la vie ou bien connaît-on le vivant ?

Doit-on concevoir des limites à l'expérimentation sur le vivant ?

Vous paraît-il nécessaire d'imposer des limites à la recherche en biologie humaine ?

Les sciences de l'homme

Peut-on constituer une science de l'homme sans nier la liberté humaine ?

Les sciences humaines permettent-elles de connaître l'homme ?

Qu'est-ce qui rend l'objectivité difficile dans les sciences humaines ?

Peut-on soumettre la réalité humaine au calcul ?

Peut-on, sans se contredire parler de "science de l'homme ?

Les sciences humaines peuvent-elles adopter les méthodes des sciences de la nature ?

L'irrationnel, le sens, la vérité

La raison a-t-elle à s'occuper de l'irrationnel ?

L'absurde peut-il avoir un sens pour une pensée rationnelle ?

Si le monde n'a pas de sens, la philosophie a-t-elle encore un objet ?

L'inutile peut-il avoir une valeur ?

La vie a-t-elle un sens ?

Pourquoi vouloir le vrai ?

Le réel est-il rationnel ?

Que faut-il entendre par "vérité objective" ?

Peut-on dire de la vérité qu'elle n'est qu'une erreur commune ?

Pourquoi l'erreur est-elle le propre de l'homme ?

Peut-on reconnaître le droit à l'erreur quand on a le souci de la vérité ?

Y a-t-il un bon usage de l'erreur ?

Peut-on dire que le vrai est ce qui réussit ?

Toute vérité est-elle vérifiable ?

Le vrai a t il une histoire ?

Y a-t-il des vérités immuables ?

Dire la vérité : en quel sens et pour qui est-ce un devoir ?

"Il n'est pas de tyran qui aime la vérité. La vérité n'obéit pas." Qu'en pensez-vous ?

Peut-on douter de tout ?

Le doute philosophique peut-il mettre en cause la valeur de la raison elle même ?

Y a-t-il une vérité des apparences ?

La pratique et les fins

Le travail
Le travail est-il servitude ou aliénation ?

Pourquoi travaillons-nous ?

Le domaine de la liberté commence-t-il seulement là où cesse le travail ?

Le travail est-il un droit ?

Le travail est-il une fatalité ?

Le travail est-il une obligation, une contrainte ou une nécessité ?

Le travail peut-il légitimer la richesse ?

L'homme se reconnaît-il mieux dans le travail ou dans la richesse ?

Les échanges

La notion d'échange n'a-t-elle de sens qu'économique ?

En quel sens les échanges économiques sont-ils des faits de communication ?

Le don peut-il être gratuit ou n'est il qu'une forme de l'échange ?

Tout peut-il avoir une valeur économique ?

La morale a-t-elle sa place dans les rapports économiques ?

L'idée de pauvreté se réduit-elle à une catégorie économique ?

La technique

La technique n'est-elle qu'une application des connaissances scientifiques ?

Peut-on dire en toute rigueur qu'il existe une culture technique ?

Est-il légitime de parler d'un pouvoir de la technique ?

Les machines travaillent-elles ?

Dans quelle mesure le savoir-faire est-il un savoir ?

Est-il souhaitable de réaliser tout ce qui est techniquement possible ?

L'art

Qu'est-ce qu'une oeuvre d'art ?

Peut-on expliquer une oeuvre d'art ?

L'art a-t-il pour fonction de délivrer un message ?

La fin de l'art est-elle la vérité ?

Existe-t-il un progrès de l'art ?

L'art n'a-t-il pour fin que le plaisir ?

L'artiste sait-il ce qu'il fait ?

Peut-on reprocher à une oeuvre d'art de "ne rien vouloir dire" ?

N'est-il pas paradoxal que l'oeuvre d'art soit objet d'échange ?

L'art doit-il "reproduire la nature" ?

L'art peut-il se passer de la référence au beau ?

Peut-on reprocher une faute de goût ?

Y a-t-il une beauté naturelle ?

Le beau s'impose-t-il à notre jugement ou en résulte-t-il ?

Faut-il avoir des connaissances pour pouvoir apprécier une oeuvre d'art ?

Comment juger une oeuvre d'art ?

Peut-on se passer des artistes ?

Bibliographie :
-Hegel, Introduction à l'Esthétique, I à III

-Kant, CFJ, §5 à 17, §49

-Pascal, Pensées, II, 134 (vanité de la peinture...)

-Platon, République, livre X

-Rousseau, 1er Discours

-Sartre, Qu'est-ce que la littérature?

- Bergson, La perception du changement (première conférence).

La religion

La foi dispense-t-elle du savoir ?

Croire, est-ce renoncer à l'usage de la raison ?

Une religion sans croyance est-elle possible ?

Y a-t-il nécessairement du religieux dans l'art ?

La société

Les hommes ne vivent-ils en société que par intérêt ?

L'intérêt général est-il la somme des intérêts particuliers ?

Faut-il distinguer le citoyen dans l'Etat et l'individu dans la société ?

En quel sens peut-on dire que "jamais les hommes n'ont été à la fois aussi solidaires et aussi seuls" ?

Une communauté politique n'est-elle qu'une communauté d'intérêts ?

L'Etat

A quelles conditions le pouvoir de l' Etat est-il légitime ?

L'obéïssance à l'Etat est elle toujours une obligation ?

La morale relève-t-elle de la compétence de l'Etat ?

L'individu se réalise-t-il grâce à l'Etat ou contre lui ?

La référence aux "contraintes économiques" est-elle, dans le gouvernement des hommes, autre chose qu'un alibi ?

Peut-on être citoyen du monde ?

Le pouvoir

La politique est elle une technique ?

L'opinion peut-elle être le guide de l'action politique ?

L'action politique peut-elle être autre chose que la recherche du moindre mal ?

Le pouvoir repose-t-il sur la contrainte ou sur le consentement ?

L'exercice du pouvoir entraîne-t-il nécessairement l'abus de pouvoir ?

"La démocratie, tyrannie de l'incompétence". Que penser de cette affirmation ?

La violence

Existe-t-il des violences légitimes ?

Est-il juste de combattre la violence par la violence ?

Faut-il vouloir la paix à tout prix ?

Recourir au langage, est-ce renoncer à la violence ?

La violence a-t-elle un rôle dans l'histoire ?

Peut-on distinguer, et comment, la force de la violence ?

Le droit

Quel est l'homme " des droits de l'homme ?

Comment concevez-vous les rapports du droit et de la moralité ?

Peut-on en appeler à la conscience contre la loi ?

Le respect de la loi est-il réductible à l'intérêt bien compris ?

Défendre ses droits, est-ce la même chose que défendre ses intérêts ?

Du droit ou de la force, lequel est un moyen pour l'autre ?

La raison du meilleur est-elle toujours la plus forte ?

Peut-on revendiquer ses droits sans consentir à ses devoirs ?

Qu'est-ce qu'un interdit ?

La justice

Ce qui est légal est-il nécessairement juste ?

A quel type d'égalité renvoie l'exigence de justice ?

Etre juste, est-ce être neutre ?

Qu'est-ce qu'une injustice ?

L'homme ne doit-il pratiquer et défendre la justice que dans la seule crainte de subir les conséquences de l'injustice ?

Que veut-on dire lorsqu'on parle du droit à la différence ?

La vengeance peut-elle être juste ?

Le devoir

Une conduite désintéressée est-elle possible ?

Qu'est-ce qui est respectable ?

L'obligation morale peut-elle se réduire à l'obligation sociale ?

Suffit-il de bien juger pour bien faire ?

La raison peut-elle être mise au service du mal ?

Y a t il des actes impardonnables ?

Suffit-il de voir le meilleur pour le suivre ?

La moralité consiste-t-elle à être animé de bons sentiments ?

Avons-nous des devoirs envers nous-mêmes ?

Pourquoi l'homme peut-il être inhumain ?

La volonté

Quelle différence y a t il entre désirer et vouloir ?

Peut-on vouloir le mal ?

Peut-on vouloir librement mourir ?

Pourquoi vouloir savoir ?

La volonté peut-elle nous manquer ?

La personne

Suffit-il, pour être soi-même, d'être différent des autres ?

Qu'est-ce que rester soi-même ?

Toutes les personnes ont-elles droit à un égal respect ?

Qui parle quand je dis "je" ?

Suffit-il, pour être soi-même, d'être différent des autres ?

Le bonheur

Le bonheur est-il le bien suprême ?

Le bonheur est-il la fin de toute action humaine ?

Le bonheur est-il affaire de politique ?

Le souci de soi recommande-t-il seulement d'être heureux ?

Peut-on être heureux sans être libre ?

Le bonheurs est-il affaire du politique ?

La liberté

Etre libre consiste-t-il à se suffire à soi même ?

Etre libre, est-ce n'obéir qu'à soi-même ?

Etre libre, est-ce pouvoir dire "non" ?

Etre libre, est-ce vivre comme on l'entend ?

La liberté implique-t-elle le refus de toute contrainte ?

Qu'est-ce qu'être esclave ?

Peut-on être esclave de soi-même ?

L'indifférence est-elle liberté ?

La liberté peut-elle se définir comme l'obéissance à la raison ?

Peut-on prouver la liberté ?

Peut-on renoncer librement à la liberté ?

Faut-il refuser toute liberté aux ennemis de la liberté ?

Naissons nous libres ou avons nous à le devenir ?

Peut-on refaire sa vie ?

La liberté est elle possible sans le courage ?

 

Anthropologie,Métaphysique, Philosophie.

L'homme est-il perfectible ?

De tout ce que je suis ou ce que je possède, que puis-je considérer comme véritablement à moi ?

L'homme peut-il renoncer à l'interrogation métaphysique ?

Peut-on affirmer que le monde a un ordre ?

Le philosophe est-il nécessairement un homme de son temps ?

La philosophie doit-elle aller contre le sens commun ?

La philosophie est-elle utile ?

Qu'est-ce qu'un problème philosophique ?

Par quoi une approche philosophique de la réalité diffère-t-elle d'une approche scientifique ?

Quels sont les critères de validité du discours philosophique ?

Peut-on donner pour fin à la réflexion philosophique la recherche du bonheur ?

Faut-il avoir peur de la philosophie ?

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Lundi 12 octobre 2009
 

Etre tolérant, est-ce laisser tout dire?

 

Une personne tolérante se targue d'accepter toutes les opinions et de laisser chacun dire ce qui lui semble bon. Ainsi Voltaire a dit : "Je hais vos idées mais je me battrais jusqu'au bout pour que vous puissiez les exprimer." Ce faisant, il fait preuve de la plus grande tolérance : il manifeste une disposition d'esprit qui laisse à tout individu la liberté d'exprimer ses opinions ou de vivre selon des habitudes que l'on ne partage pas voire qui font à l'encontre des opinions et des habitudes que l'on partage. Mais du même coup, celui qui se prétend tolérant met au même plan toutes les idées et les valeurs (les siennes ne valent pas plus la peine d'être défendues que celle des autres). Par conséquent il doit accepter comme recevables les opinions qui vont à l'encontre de ce qu'il pense, y compris celles qui prônent l'intolérance et celles qu'il juge intolérables. N'y a-t-il pas une difficulté inhérente à la tolérance à accepter et à laisser s'exprimer des opinions qui relèvent de l'intolérance et partant à donner voix à ceux qui souhaitent sa disparition? Mais n'y aurait-il pas contradiction à empêcher au nom de la tolérance que s'exprime des opinions jugées intolérables ou ennemies de la tolérance?

Par skepsis
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